Inauguration de la statue du duc d 'Aumale, le 15 octobre 1899.



Par un délicat sentiment qui l'honore, la ville de Chantilly a tenu à être la première à rendre un hommage immortel  au duc d'Aumale, à ce Prince qui s'est toujours intéressé à la vie de Chantilly,  témoignant sans cesse de sa bienveillance auprès de ses habitants et surtout de ses pauvres. 

C'est pourquoi , dans la première réunion tenue après la mort du prince, le conseil municipal décide d'ouvrir une souscription publique en vue d'ériger dans la commune un monument en l'honneur du duc d'Aumale. En peu de temps les sommes recueillies s'élèvent à soixante dix mille francs et on commande  auprès de M. Gérôme, sculpteur, la statue qui sera érigée devant les grandes écuries. 

C'est aujourd'hui, dimanche 15 octobre 1899, que doit avoir lieu l'inauguration de la statue du duc d'Aumale. Dès le matin, la ville s'emplit d'un bourdonnement de foule empressée et joyeuse.  On parcourt la ville, les uns pour visiter, les autres pour voir d'avance l'emplacement de la fête. Spontanément, les habitants de la Grande Rue, tout récemment rebaptisée rue du Connétable, où doit passer le cortège, ont pavoisé leurs demeures.  

M. Vallon, maire, a convié à sa table M. Gérôme, l'éminent sculpteur de la statue, et quelques notabilités. Les membres du Parlement, les hauts fonctionnaires, les Académiciens, et les journalistes sont réunis dans la grande salle des Fêtes de la mairie, décorée avec une simplicité de bon goût. D'élégants sujets d'ornementation accompagnent des C doubles entrelacés. Les peintures sont de couleur grenat clair et grenat foncé et de jolies guirlandes de verdure courent entre les piliers. Tout ce joli travail est dû à M. Leclercq, entrepreneur de peintures à Chantilly.

Pendant ce temps, les Gardes du Domaine, les Chevaliers d'arc, les Chevaliers du Tournoi, les Sauveteurs de l'Oise, les Sapeurs-Pompiers et la Musique municipale se regroupent devant le portail.

 A deux heures moins le quart, les portes s'ouvrent. Les souscripteurs entrent  par le grand portail donnant sur la rue du Connétable. Les personnes munies de cartes roses prennent places dans la tribune A, à droite de la tribune officielle, tandis que celles munies de cartes bleues se rendent à la tribune B, plus proche de la rue. Le public entre par la seconde porte, en allant vers  l'église. 

Source Gallica.bnf.fr/BnF

A deux heures, le cortège officiel composé des autorités, des princes et princesses apparentés au duc d'Aumale, des délégués de l'Institut, des invités et des membres de la presse, emprunte la rue du Connétable et se rend à la tribune d'honneur. La liste des invités comprend tous les sénateurs et députés de l'Oise,  le Bureau du Conseil Général et les Conseillers Généraux et d'arrondissement de la circonscription, le Préfet de l'Oise, le Sous-Préfet de Senlis, et tous les hauts fonctionnaires de l'arrondissement. Une délégation du 2e Hussards est également présente, ainsi que trois officiers du 92e de ligne, l'ancien 17e léger qu'a commandé le duc d'Aumale. Les Sauveteurs de l'Oise sont représentés par une importante délégation. Les pensionnaires de l'Hospice Condé - les Cadets et Cadettes, comme on les appelle - ont obtenu l'autorisation de participer à la cérémonie pour honorer le duc d'Aumale qui n'a cessé de combler cette institution.


M. Vallon prend place au centre de la tribune officielle, avec, à sa droite, le prince de Joinville, la duchesse de Chartres, le comte d'Eu, le prince Henri et le prince Antoine.

Une foule de plus de quinze mille personnes, parmi lesquelles beaucoup de dames, est massée dans l'enceinte réservée, débordant sur la pelouse et jusque dans la rue. La Musique municipale et les Sociétés se groupent derrière la statue et les gardes du Domaine autour des grilles. 

C'est l'instant solennel ! La fanfare joue la Marseillaise que l'on écoute debout ; le voile est vivement tiré en arrière, il tombe, découvrant le monument. Tout autour, les applaudissements éclatent.

Source Gallica.bnf.fr/BnF

Le duc d'Aumale, très ressemblant, en costume d'officier général, est fièrement campé, le torse droit, sans raideur ; le beau demi-sang sur lequel il est monté s'est arrêté, mais il n'est pas immobile et figé dans le métal ; on sent qu'il vit et se tient prêt à repartir. La silhouette de l'œuvre est belle. La tête, souriante, bienveillante, a grand air. La figure même du duc est belle et noble. 

Cette statue, fondue avec soin par Siot-Decauville, est revêtue d'une riche patine dorée qui est d'un excellent effet. Le socle lui-même est une œuvre d'art. Deux bas-reliefs sont encastrés dans le piedestal, représentant les scènes les plus glorieuses de la conquête de l'Afrique et notamment la soumission d'Abd-el-Kader. Dessiné par M. Daumet, l'éminent architecte du duc d'Aumale et du Domaine de Chantilly, il a été exécuté par M. Bonnet, marbrier à Chantilly.

Sur la face antérieure, une inscription est ainsi libellée :"A Henri d'Orléans, duc d'Aumale, la Ville de Chantilly, 1899". Sur la face postérieure, " Ce monument érigé par souscription a été inauguré le 15 octobre 1899".

La grille entourant le monument est entièrement en fer forgé, de forme oblongue, composée de douze pilastres carrés, avec de robustes arcs-boutants et ornés d'une fleur de lys à l'extrémité ; les barreaux sont en fer rond, terminés à leur extrémité supérieure par des fleurons. Cette grille, faite également sur les plans de M. Daumet, a été exécutée par M. Toupet, enfant du pays dont la famille, depuis cinq générations, exerce la profession de serrurier dans le même atelier de forge où son ancêtre s'est établi en 1694.

L'ensemble est d'une imposante simplicité et encadre heureusement le beau socle que  surmonte le magnifique bronze de Gérôme. Aussi est-ce à lui que vont en grande partie les acclamations de la foule, émue, saluant son œuvre. Le prince de Joinville contemple l'image de son illustre frère ; ses yeux s'emplissent de larmes. Le duc et la duchesse de Chartres eux-mêmes sont très émus.  Plus loin, ce sont les vieux  gardes du Domaine qui pleurent...

C'est M. Vallon, maire de Chantilly, qui, le premier monte à la tribune et prend la parole. Il dit l'affection respectueuse et profonde vouée par les habitants de Chantilly à leur Prince ; M. Henri  de Bornier, directeur de l'Académie s'avance à son tour et, d'une voix vibrante, lit une magnifique poésie. Puis, appelé par M. Vallon,  M. Larroumet, de l'Institut,  vient improviser une allocution. Le général Guioth,, administrateur du Domaine de Chantilly  retrace la carrière militaire du duc d'Aumale ; et enfin, M. Gaston Boissier, au nom de l'Institut, vient remercier la ville de Chantilly de l'hommage grandiose qu'elle vient de rendre à la mémoire du duc d'Aumale dont il fait un éloge ému.

La cérémonie touche à sa fin.  Le cortège se reforme et se dirige vers la rue du Connétable. Les princes se rendent aux Grandes Ecuries pour y recevoir leurs amis personnels, tandis que M. Vallon offre un lunch à ses invités chez lui. Puis on se sépare enfin, emportant de cette belle journée un profond souvenir.

A.M.C. : ID6 Registre des délibérations du Conseil Municipal 1886-1898 ;  ID7 Registre des délibérations du Conseil Municipal 1898-1907 - Le Courrier de l'Oise, 19 octobre 1899 - Le Figaro, 16 octobre 1899 - Gil Blas, 16 octobre 1899 - La Croix, 17 octobre 1899 -La Presse, 16 octobre 1899 - Le Monde Illustré, 21 octobre 1899 - "Le général duc d'Aumale, 1822-1897" de François Bournand.

Le crime de Chantilly.





Jeudi 9 mai 1907, vers onze heures et demie du soir, des passants trouvaient, étendu sur la chaussée, près du Café de Paris, le corps inanimé de M. William Carver.

 
M. William Carver

Celui-ci portait à la tête la trace de plusieurs coups portés avec violence, occasionnant deux horribles blessures à la tempe et à la nuque.

Cet ancien jockey, âgé de 58 ans et père de quatre enfants, avait passé la soirée chez son gendre, M. Lynham, l'entraineur du Prince Murat, qui habite avenue de la Gare, au n° 8.

Il en était parti vers onze heures, et s'en retournait chez lui quand il a été assailli par trois hommes pris de boisson.

Transporté à son domicile, il est mort rapidement, sans avoir pu parler, malgré les soins du Docteur Chaumel.



Bien vite, la gendarmerie a procédé à l'arrestation de trois maçons de Vineuil qui étaient en état d'ivresse au moment des faits, ayant copieusement célébré la fête des maçons à Chantilly où ils travaillaient.  Les inculpés, Raoul et Célestin B., deux frères, et Alfred H. ont commencé par nier, mais devant l'évidence des faits, ils se sont bornés à s'accuser mutuellement. Les assassins présumés ont été écroués à la prison de Senlis.

Puis, le dénommé Célestin B., un petit homme solide, sanguin, de physionomie banale avec ses cheveux châtains et ses yeux marrons, a rapidement avoué :  c'est lui qui, sans motif, a assailli M. Carver, le frappant avec le talon de son soulier ou une bouteille, il ne sait plus… 

Lors de son procès, il regrette son geste qu'il attribue à la boisson. 

Défendu par Maitre Joly, qui sollicite l'indulgence du jury et de la cour pour son client, Célestin B. est condamné à deux ans de prison.

La Grande Guerre sera moins indulgente avec lui,  puisque Célestin B. sera porté disparu le 5 novembre 1914 à Saint Rémy sur Meuse. Mort pour la France.



Le Journal, du 11 mai 1907 - Le Petit Journal, du  11 mai 1907 - Le Petit Parisien, du 11 mai 1907 - Le Temps, du 12 mai 1907 - Le Petit Troyen, du 12 mai 1907 - La France de Bordeaux et du Sud Ouest, du 12 mai 1907 -  Le Journal, 3 octobre 1907 - Le Journal de Senlis, Courrier de l'Oise, année 1907 - A.D.O. : Registre des Matricules.

La Source.

Mai 1901, M. le Comte Louis de Hédouville et Madame la Comtesse, née Amélie Marie Louise de Clermont-Tonnerre, viennent de vendre le château dans lequel ils ont donné tant de belles fêtes mondaines, pour se fixer en Tunisie.

Cette grande propriété, La Source, était connue autrefois sous le nom de "Villa l'Hermitage". Elle se trouve à 600 mètres de la gare.

Le château est élevé d'un sous-sol, d'un rez-de-chaussée et d'un étage surmonté d'un grenier, le tout couvert en ardoises.

Au sous-sol, se trouvent une grande cuisine et le garde-manger, l'office, la salle à manger des domestiques, deux caves à vins, la cave à charbon et le calorifère.

Le  rez-de-chaussée comprend une antichambre, deux salons, une grande salle à manger, une grande chambre à coucher, une autre plus petite à côté, et l'escalier dans la tourelle.

Le premier étage est composé d'une grande chambre à coucher et de cinq autres, plus petites.

Au dessus, un grand grenier.

Le parc (33.874 mètres superficiels environ) est bien planté et il comporte plusieurs pièces d'eau. A droite en entrant, se trouve le pavillon du concierge. A gauche, un petit bâtiment divisé en écuries, une remise avec un grenier au dessus.

Cette propriété, vendue 92.000 francs, outre les charges, tient à M. Tardieu, à Madame la baronne de Rothschild, notamment à cause de la rivière dont la moitié est comprise dans la vente, à M. le baron de Rothschild, et à un sentier qui longe le viaduc.



 

La Kermesse du 19 septembre 1920.


Nous sommes le 19 septembre 1920, et c'est aujourd'hui qu'a lieu la grande kermesse organisée par l'Union du Commerce et de l'Industrie de Chantilly. Cette grande fête sportive a pour but d'honorer la mémoire de ceux qui sont morts en défendant la Patrie.
Il y a quelques mois de cela, le Conseil municipal de Chantilly a pris la décision d'élever un monument aux Enfants de Chantilly tombés au Champ d'honneur. Et l'Union du Commerce et de l’Industrie a voulu s'associer à cette belle idée. Grâce au généreux concours de ses membres, elle a réuni les fonds nécessaires pour organiser cette grande kermesse dont la recette sera versée au comité municipal chargé de l'érection de ce monument.
C'est dans l'enceinte de l'hippodrome, mis gracieusement à disposition par la Société d'Encouragement que se déroulera la fête.
Mais pour le moment, c'est à l'église Notre-Dame que la foule, pieusement recueillie, se presse pour entendre la messe. La nef est sobrement décorée de tentures noires et de drapeaux, tandis que dans le chœur, il a été placé la tombe d'un poilu faite de terre, avec sa croix de bois et des fleurs...
Toutes les notabilités, Conseil municipal en tête, et des délégations des sociétés de la ville, assistent à la cérémonie. Au même moment, un service religieux est aussi célébré à l'église anglicane de la rue des Cascades.
Parmi les nombreuses épreuves sportives se déroulant aujourd'hui, citons : le rallye-paper organisé par M. Lazard ;  le Prix des Conseillers Municipaux, une course relais de 1.500 mètres pour trois coureurs. Cette épreuve est remportée par une équipe de l'U.S. Chantilly composée de MM. Miny, Mauclair et L. Tacail.


Heuet et Collignon.

Le Tour de Chantilly, une course sur route de 6 kilomètres, est gagné par Heuet, de Beauvais, en 19 minutes et 10 secondes ; il est suivi par Collignon, de Montataire.


  Les jockeys Scharp, Schilds et Mitchell lors du départ du 100 mètres plat.

Quant au premier Championnat pédestre  de France des Jockeys, dont nous pouvons voir le départ sur la photo ci-dessus,  il est remporté par W. Mitchell.


Les jockeys Scharp, Schilds et Mitchell au départ de la course de poneys.


L'après midi,  c'est sous un soleil magnifique que la kermesse se poursuit. Pendant que les champions de France et de Paris d'athlétisme, ainsi que les championnes du Femina Sport, nous font partager des exhibitions sportives exceptionnelles, la vente de charité, le théâtre en plein air et le concert de verdure  attirent aussi beaucoup de monde au pesage.


Les sportives du Femina Sport

Cette belle kermesse permettra à l'Union du Commerce et de l'Industrie de chantilly de remettre la somme de 23.606 francs à la Commission municipale chargée d'élever le monument à la mémoire des Enfants de Chantilly morts pour la France.






Le Courrier de l'Oise, année 1920 - Le Miroir des Sports, du 23 septembre 1920 - L'Auto-Vélo, du 18 septembre 1920 - Le Petit Journal, du 20 septembre 1920 - Le Petit Parisien, du 20 septembre 1920.



Le guide du Syndicat d'Initiative.

 


Mai 1925. Le Syndicat d'Initiative  de Chantilly vient de publier une charmante brochure dans laquelle nous retrouvons tous les renseignements généraux utiles aux visiteurs, les maisons recommandées, le tarif des hôtels et des voitures de place. Une carte routière  et une carte de la région, avec toutes les routes de forêt et les buts d'excursion, permettent aux touristes de faire de nombreuses promenades combinées à des excursions fort intéressantes.

Mais ce guide, si petit qu'il tient dans la poche, propose aussi d'excellents articles signés par des personnalités de Chantilly : Gustave Macon nous rappelle l'historique de la ville, Georges Fossiez nous en fait la visite. Marcel Boulenger nous vante le plus joli pays de France et Jean de Pierrefeu nous ramène à l'époque du Grand Quartier Général. Jean Stern nous parle du Chantilly sportif alors que Michel Pantall nous raconte le Chantilly Hippique.

Vendu 1 franc 50, ce guide est très complet, à la fois documentaire, littéraire et artistique puisqu'il est illustré par de nombreux clichés de la maison Guilleminot.

Ajoutons que le Syndicat d'Initiative de Chantilly existe depuis le 11 mai 1922, date de la publication au Journal Officiel, sous le nom "Les Amis de Chantilly". Son président est M. René Guilleminot. La cotisation annuelle aux "Amis de Chantilly" est de 10 francs ; elle donne droit à l'entrée gratuite lors des conférences et des spectacles donnés  régulièrement.



Le cirque Pinder.



 Aujourd'hui, mercredi 12 juin 1905, le cirque Pinder s'est installé sur la Petite Pelouse pour une  journée unique dans notre ville.
Le cirque Pinder, qui a toujours un programme intéressant, attire beaucoup de monde à Chantilly. Il faut dire que la troupe est bien composée, les chevaux sont fort bien dressés et le travail des éléphants indiens, dressés et présentés par M. Albert Pinder, est très apprécié. C'est très surprenant de voir obéir et se mouvoir intelligemment ces énormes animaux.
A quatre heures, la cavalcade se promènera dans la ville, avant la grande représentation qui aura lieu ce soir  à huit heures et demie. 
Le prix des places varie selon la classe choisie :  3 francs pour les premières,  2 francs pour les secondes et 1 franc pour les troisièmes.

L'école des filles

 


Aujourd'hui, 12 juin 1912, je pars visiter le chantier de la nouvelle école de filles.
Élevée à l'emplacement d'une propriété particulière, dont on a conservé l'ancien bâtiment en retour d'aile, le nouvel édifice se fait remarquer par la simplicité de ses lignes.
Les bâtiments sont élevés avec des matériaux du pays : du sable de rivière de Gouvieux, des moellons et des pierres de taille de Saint-Maximin, des briques roses de Précy, des briques blanches de Beauvais. La couverture est en ardoises d'Angers et en tuiles d'Auneuil.
Conçu par l'architecte Arthur Sassua sur un plan simple et logique, le nouvel édifice regroupe les neuf classes et le service au rez-de-chaussée.
Ces neuf classes sont prévues pour admettre  jusqu'à 496 écoliers : deux salles peuvent en recevoir 58, cinq en accueilleront 48.
Les deux classes enfantines, prévues pour loger 70 enfants chacune, donnent de part et d'autre du préau réservé aux petits enfants. A la suite, les toilettes et les lavabos qui leur sont réservés également.
Les étages seront affectés au logement de la directrice et du personnel enseignant.
Tous les travaux intérieurs devraient être terminés pour le 15 août : les tuyaux du chauffage et la plupart des radiateurs sont posés, les fenêtres des logements et des classes sont prêtes et en partie scellées ; les enduits des classes et des logements sont terminés, la peinture va être commencée sous peu.
La pose du parquet des classes est commencée, et dans un mois au maximum tous les parquets des classes et des logements seront en place.
Les travaux extérieurs (nivellement des cours, constructions de trottoirs et pose des grilles) devraient être terminés vers la fin du mois d'août.
En résumé, la nouvelle école des filles sera prête pour recevoir ses élèves et ses institutrices au commencement de septembre 1912 !

AMC : série M 
Supplément à l'Architecture Usuelle  n° 146.

Le Quai de la Canardière.


Le Quai de la Canardière prend naissance au coin de la rue de la Machine et se prolonge jusqu'à la rue des Fontaines, coupé en son milieu par la route nationale 16.
Cette rue est habitée en grande majorité par une population ouvrière ayant des revenus modestes et souvent chargée d'enfants. Contre un loyer modeste, ces ménages sont logés dans des appartements souvent insalubres.
En effet, dans la partie du quai donnant côté viaduc, les maisons sont vétustes, construites sur un sol humide et adossées à la falaise. Nombreux sont les logements  mal aérés  qui ne voient jamais le soleil ou si peu... 
Côté confort, près de la moitié des habitations ne dispose d'aucun moyen de chauffage. Et si environ la moitié des maisons est raccordée au réseau d'eau, seulement 14 % des logements ont l'eau sur l'évier. Quant aux water-closets, ils se trouvent en dehors de l'immeuble, dans la cour ; et 14 % des logements ne disposent même d'aucune installation !

C'est aussi sur cette partie du quai, au numéro 21, que se trouve l'asile de nuit où sont admis les voyageurs indigents de passage à Chantilly.
Créé en 1890, cet établissement peut accueillir 5 hommes et 6 femmes. Le gardien n'admet que les voyageurs munis d'un bon d'entrée signé par l'agent de police et les gens ivres sont refusés. L'entrée se fait à 8 heures du soir l'hiver et 9 heures l'été ; la sortie se fait à 6 heures du matin l'hiver et à 4 heures l'été. Toute personne admise à l'asile de nuit se voit remettre un bon  lui donnant droit à 500 grammes de pain. Une même personne ne peut se représenter avant un délai de quinze jours.
Entre novembre 1891 et novembre 1892, il a été admis à l'asile de nuit 2.333 hommes, 191 femmes et 227 enfants.

Ville de Chantilly - Etude monographique, 1957.
AMC : ID 6 (registre des délibérations municipales 1886-1898)

La Fête Patronale de l'Assomption


La fête patronale de l'Assomption se déroule traditionnellement sur une semaine ; en cette année 1906, elle a lieu du dimanche 19 au dimanche 26 août.
Mais les festivités ont commencé dès samedi 18 avec une retraite aux flambeaux en compagnie de la musique municipale et de la compagnie de sapeurs-pompiers.
La journée de dimanche 19 a commencé dès 6 heures du matin par une salve d'artillerie. A deux heures de l'après-midi, une réunion de courses à pieds est organisée sur la pelouse par l'Union Sportive de Chantilly. Puis, de 3 heures 1/2 à 5 heures, une grande fête aérostatique sera  donnée sur la pelouse, avec l'ascension du ballon monté "Le Petit Journal". Pendant ce temps, la musique municipale donnera un concert sur le boulevard d'Aumale. Ce soir, comme demain lundi, un grand bal de nuit sera donné sous une tente parquetée.
Lundi 20 août, à 2 heures de l'après midi, sur la place de la fête, un grand tournoi de bagues à cheval sera offert par la municipalité et la Société du Tournoi ; la musique municipale se fera entendre aussi pendant le tournoi.
Mardi 21 août, à 3 heures, une représentation théâtrale enfantine sera donnée dans l'allée du Réservoir, par M. Labelle, directeur du Théâtre Enfants des Champs Elysées. A 8 heures 1/2, sous la tente du bal, un concert avec attractions diverses sera organisé par M. Lusset.
Jeudi 23 août, à 3 heures,  après-midi enfantine sur la place de la fête : des jeux divers sont prévus pour les petits garçons et les petites filles. M. Wells, le généreux bienfaiteur bien connu à Chantilly, offrira 20 bijoux aux enfants.
Dimanche 26 août, à trois heures de l'après-midi, des courses vélocipédiques seront organisées par la Société Vélocipédique de Chantilly sur la place de la fête.
Et à 9 heures du soir, pour clôturer cette semaine de festivités, un magnifique feu d'artifices sera tiré sur la pelouse par MM. Pinet et Charnier, les artificiers de la ville de Paris.
Et comme dimanche dernier, un grand bal sera donné sous la tente, avec un orchestre nombreux et choisi.


Le Parc Aumont.


M. Paul Aumont vient de mourir, le 2 avril 1904, à l'âge de 65 ans. Cet entraîneur, une des figures les plus connues et les plus sympathiques du monde du turf, a contribué pour une large part au progrès de l'élevage français, dans la seconde moitié du siècle dernier, en continuant l'oeuvre de son père, M. Alexandre Aumont, au Haras de Victot (Calvados).
Son écurie a obtenu de grands succès, en 1887 notamment, avec "Monarque" et "Ténébreuse" qui ont gagné le Prix du Jockey Club et le Grand Prix de Paris.
Ses obsèques ont été célébrées à Paris en l'église Saint-Augustin et le corps a été inhumé à Chantilly où le défunt possédait plusieurs propriétés.

En décembre 1904, ses enfants, Mme  Marie Aumont, épouse de M. André, et M. Alexandre Aumont, mettent en vente plusieurs d'entre elles :
Le grand établissement d'écuries de courses donnant sur l'avenue de la Gare et  sur la pelouse qui était occupé par l'écurie de courses de M. Aumont. (Emplacement de l'Hôtel du Grand Condé) ;


La grande propriété sur l'avenue de la Gare portant les numéros 24 et 24 bis. Cette propriété d'une contenance de 5.500 mètres est dotée d'un grand jardin d'agrément avec des pelouses et des bosquets, d'un jardin potager avec serre. (Emplacement de l'Hôtel du Parc) ;





Un autre établissement d'écuries de courses donnant sur l'avenue de la Gare et sur la rue de l'Embarcadère. Cet immeuble est loué et occupé par l'écurie de  M. le baron de Schickler.
Et enfin, un grand parc boisé, dit le Bois de l'Hermitte, situé entre la rue de l'Embarcadère, la rue de Gouvieux et la route d'accès à la station du Chemin de Fer, la rue d'Orgemont. Ce terrain d'environ 43.000 mètres est clos de murs avec une porte charretière sur la rue de l'Embarcadère et deux portes cochères sur la rue de Gouvieux.

A gauche, derrière la maison on aperçoit le  castel de Mme André.
 Le pavillon au centre, derrière le personnage, appartient à M. Aumont.
Pour en faciliter le lotissement et la vente parcellaire aux particuliers, Mme André et M. Aumont proposent à la municipalité d'établir à leurs frais deux voies nouvelles avec toute la viabilité utile à la mise en service de ces routes qu'ils proposent de céder gratuitement à la ville de Chantilly à condition  que celle-ci prenne l'entretien des dites routes à sa charge.
Le conseil municipal est conscient que la réalisation d'un lotissement aux portes de la gare sera une source de revenus importants et que de nouveaux habitants s'ajoutant à ceux déjà existants ne pourra que favoriser le commerce ; c'est ainsi qu'en 1906 apparaissent les premiers habitants du Parc Aumont. 
Quant aux noms attribués à ces nouvelles voies, celle sur laquelle Mme André a fait bâtir son castel s'appellera rue André ; celle sur laquelle M. Aumont a fait édifier son pavillon portera le nom d'avenue Aumont.

La Place de la Machine Hydraulique.



Ce terrain de forme triangulaire est connu sous le nom de "Place de la Machine Hydraulique". Il appartient à l'Institut de France qui a autorisé la Ville de Chantilly à y construire un échafaudage en bois simulant un bâtiment à plusieurs étages destiné aux exercices des sapeurs-pompiers.
La partie formant le  rez-de-chaussée de cet édifice a été fermée de façon à pouvoir y remiser la pompe à incendie et ses accessoires.
Pour l'alimentation de leurs pompes, les pompiers peuvent puiser l'eau dans le Canal des Usines.
Cet échafaudage  a été construit en 1900 par M. Robin, charpentier, pour la somme de 569,68 francs.


En juillet 1919, l'autorisation accordée par l'Institut de France est reconduite pour une période de 9 années, pour la redevance annuelle de 1 franc que la Ville de Chantilly s'engage à payer par avance au 1er juillet de chaque année.


La Villa Saint-Didier.


Nous voici devant la Villa Saint-Didier. 
Proche de la gare et de la forêt, cette habitation, haute de deux étages, bénéficie de tout le confort moderne, avec de nombreuses pièces de service et des chambres de domestiques.
Au rez-de-chaussée, trois vestibules desservent la salle à manger, le petit salon, le grand salon et la salle de musique. Au-dessus, dans les étages, une dizaine de chambres de maîtres, des cabinets de toilettes, une salle de bain, et une bibliothèque, laquelle comprend de nombreux ouvrages français et anglais.
Dans le jardin, d'une contenance de 3.473 mètres, nous trouvons des volières, un chenil et un poulailler.  Les communs, bien installés, sont complets.

Cette propriété appartenait à M. le Baron  de Saint-Didier, vice-président de la Compagnie des Chemins de Fer du Nord, décédé en avril 1887, à l'âge de 81 ans. 
Source Gallica.bnf.fr/BnF
Quant à Mme la Baronne de Saint-Didier, elle connut une fin tragique, faisant partie des malheureuses victimes de l'incendie du Bazar de la Charité, à Paris.
Née Luiza Francesca Pedra, la baronne était la présidente de l'Oeuvre des Saints-Anges, oeuvre qui recueille des jeunes filles pauvres, orphelines ou délaissées.
En ce 4 mai 1897, la baronne se sent souffrante mais elle tient à assister à cette vente de charité. Elle sait que sa présence rendra la vente plus fructueuse pour ses orphelines.
Malheureusement, la pauvre femme, âgée de presque 81 ans, se tient debout très difficilement et elle a besoin de cannes pour se déplacer. Quand l'incendie éclatera, elle n'arrivera pas à atteindre la sortie, et périra dans les flammes, à quelques mètres seulement des sauveteurs.


"La Vie à la Campagne" du 15 décembre 1908 - "Le Journal de Senlis, Courrier de l'Oise" du 9 mai 1897 - "Livre d'Or des Martyrs de la Charité, hommage aux victimes de la catastrophe", de Félix Charmetant - Catalogue de la vente du mobilier dépendant de la succession de Mme la Baronne Saint-Didier.

Le Marché.


Le marché se tient le mercredi et le samedi de chaque semaine. Il permet de s'approvisionner en viande, beurre, fruits et légumes ; on y trouve aussi de la mercerie et de la cordonnerie.
Il se tient sur la place... du marché, qui est la place située près de l'église.


Cependant, M. Toussaint Bougon, maire de Chantilly, est conscient que les travaux du chemin de fer et de la station ont amené à l'ouest de la ville de nouveaux commerces et une nouvelle agglomération d'habitants.

Il propose donc de rapprocher un des marchés de cette nouvelle zone d'activités et de l'établir sur une place qui n'offrira aucun embarras pour la circulation.


A compter du 4 février 1857, le marché du mercredi se tiendra donc sur la place de l'Hôpital, tandis que celui du samedi, qui est le principal, restera sur la place du marché.

Mais en 1904, une pétition des commerçants approvisionnant le marché explique qu'il reste trop  peu de clients qui fréquentent le marché du samedi près de l'église. Ils demandent que ce marché soit transféré sur la place de l'Hospice comme celui du mercredi.
Cette réclamation n'est pas la première. Et comme à chaque fois, l'assemblée communale se prononce sur le maintient du marché à l'église, décidant que le dit marché s'était toujours tenu là et qu'il ne pourrait jamais avoir lieu sur la place de l'Hôpital pour quelque motif que ce soit.

Jusqu'au 7 avril 1917 où une nouvelle pétition, signée d'une trentaine de marchands, demande encore une fois au Conseil Municipal de vouloir bien  transférer le marché du samedi sur la place de l'Hôpital ; cet emplacement conviendrait mieux aux habitants et serait plus profitable aux vendeurs.

M. Vallon, maire, fait alors remarquer au conseil qu'il a souvent reçu des demandes analogues à celle présentée ce jour. Et même si le Conseil a toujours refusé le changement, M. Vallon fait remarquer qu'il faut avant tout tenir compte de ce qui est favorable à l'approvisionnement et à l'alimentation de la population. 
Le conseil s'indigne : trois conseillers quittent la séance ; un quatrième réclame l'ajournement de la question.
M. le maire  fait voter : Faut-il ajourner cette demande ? Par neuf voix contre une, le conseil estime qu'une décision doit être prise, et une nouvelle mise aux voix va régler la question. Par huit voix contre une, le changement d'emplacement du marché est adopté : désormais le marché du samedi, comme celui du mercredi, se tiendra sur la place de l'Hôpital.







L'Horloge de l'Hôtel de Ville.


Quel Cantilien n'a jamais levé la tête en direction de l'horloge de l'Hôtel de Ville ?
Revenons sur l'histoire de cet objet que tous les cantiliens connaissent.

M. Adolphe Laville, né à Chantilly le 14 octobre 1808, vit dans une maison de la place du Marché, au n° 20, avec sa sœur, Melle Virginie Laville.
Cet ancien horloger, ancien conseiller municipal, a l'intention de doter l'Hôtel de Ville d'une horloge. Mais le 2 janvier 1887, M. Laville meurt sans avoir le temps de réaliser son projet
Or, Melle Laville entend bien réaliser les dernières volontés de son frère. Cependant, prise de maladie, elle meurt à son tour le 5 juin 1887, ayant juste eu le temps de faire insérer une recommandation à son testament.


Melle Laville, en effet,  a affecté une somme de trois mille francs à la Ville de Chantilly pour qu'une pendule soit placée sur la façade de l'Hôtel de Ville. La seule condition imposée est que l'entretien de cette horloge devra être effectué par M. Paquier, horloger, qui est le successeur de son frère.

Le Conseil municipal accepte le legs et s'engage à payer annuellement à M. Paquier la  somme nécessaire à cet entretien. Celui-ci s'est d'ailleurs déjà mis en relation avec M. Garnier, fabricant d'horloges à Paris, et M. Tantost, entrepreneur de maçonnerie à Chantilly, pour le charger de préparer l'emplacement nécessaire.

Le Conseil municipal, reconnaissant envers les donateurs, décide qu'il sera gravé les mots suivants sous l'horloge : "Don de M. Adolphe Laville - ancien conseiller municipal - 1887".


AMC : 1D6 - Registre des délibérations municipales 1886-1898
ADO : 3E141/49 - Chantilly, naissances, mariages, décès, 1887, janvier-juillet.

L'Hôtel de Ville.


C'est le 11 avril 1847, que la Ville de Chantilly a acquis ce charmant petit hôtel qu'avait fait bâtir l'ancien évêque de Châlon-sur-Saône, Joseph François d'Andigné de la Chasse, au 18ème siècle, pour en faire son Hôtel de Ville.

D'une contenance cadastrale de 29 ares et 96 centiares, cette propriété est située au centre de la ville, au numéro 65 de la rue du Connétable.
Le bâtiment principal est un pavillon carré à deux étages, en pierre de taille, édifié entre une cour pavée donnant sur la rue du Connétable et un jardin derrière donnant jusqu'à la pelouse ; sur ce jardin, ont été construits l'école communale, la salle des réunions et le bureau de poste.

Dans la cour, des petites constructions sont adossées au pavillon ; on y a d'abord installé le bureau de poste et celui du télégraphe. Elles servent aujourd'hui de logement  à l'agent de police.

Pour installer les  services administratifs dans ce qui a du être une charmante demeure, il a fallu procéder à quelques aménagements. Pour obtenir une salle de belle taille (10,60 mètres de long et 5 mètres de large) où le conseil peut se réunir, on a abattu la cloison qui séparait le salon et la salle à manger.
Le maire a installé son cabinet dans une petite salle donnant sur la cour. 
Les trois belles pièces du premier étage et la salle de billard, au second, servent de logements au secrétaire de mairie et au receveur municipal.

Le secrétariat, qui occupe deux employés depuis 1902, a été installé dans l'ancienne cuisine avec les archives. Il est ouvert de 9 heures à midi et de 2 heures à 4 heures.
En  allant chercher leurs pièces d'état-civil, les cantiliens ne se lassent pas d'admirer l'ornementation intérieure : les boiseries finement ouvragées, les poignées de porte ciselées et dorées, sans oublier la grosse boule de cuivre qui brille au bas de l'escalier...

A.D.O. : 2Op 2404 : Hôtel de ville et écoles.
Bulletin municipal n° 27 - octobre 1972.

The Albion Club Chantilly.


"The Albion Club Chantilly" occupe un local, situé au premier étage de l'hôtel d'Albion, mis à la disposition du Club par M. Sargent, le propriétaire de l'hôtel, qui fournit aussi l'éclairage et le chauffage des salles pour un loyer annuel de 600 francs.
Ce local est desservi par une entrée indépendante au rez-de-chaussée et un escalier.

"The Albion Club Chantilly" a pour but de réunir le plus souvent possible les jockeys et les premiers garçons.
Le cercle fonctionne sous la conduite d'un président, d'un trésorier, d'un secrétaire et d'un comité composé de douze membres.
Toute personne désirant faire partie du club doit être présentée par deux membres. Après examen du comité, une notification lui est envoyée sous quinzaine.
Chaque membre doit payer une cotisation de 20 francs pour l'inscription et 20 francs pour l'annuité. Une carte personnelle, signée par le président,  est délivrée à chaque membre. Sur cette carte, où les noms des parrains sont inscrits, le sociétaire apposera sa signature. Il devra toujours présenter sa carte à l'entrée du club.
La liste des membres du cercle est affichée dans la salle du club.

La société met à la disposition de ses membres tous les jeux qu'elle juge nécessaire : billard, cartes, dames, échecs, etc...
Sont interdits tous les jeux de hasard prohibés par la circulaire du 10 juillet 1886 : baccara, lansquenet, la roulette, le chemin de fer, etc...

Les discussions politiques et religieuses sont interdites. Toute altercation ou dispute est réprimandée sévèrement. Les membres en ayant été l'objet sont suspendus jusqu'à décision du comité.

Des consommations de premier choix sont servis par le propriétaire de la salle ; elles sont payées au prix affiché dans la salle du club.

Une fois par semaine, le mardi, un concert intime est donné.

Dimanche 4 juin 1911 : le Prix de Diane.


Le propriétaire du vainqueur du Prix de Diane, M. Aumont.
 Source gallica.bnf.fr/Bibliothèque Nationale de France

La première de nos grandes réunions sportives a été favorisée dimanche par un temps magnifique, trop chaud même, car les ardeurs de ce soleil implacable avait empêché quelques fervents de faire le déplacement de Chantilly.

La journée de la grande épreuve des pouliches est généralement une des plus jolies réunions de courses de l'année. Le public, si amateur de plein air, rapporte de cette excursion d'un coin charmant du paddock, sous les hautes futaies, l'image de jolies femmes et des exquises toilettes aperçues à la dérobée à travers les allées nombreuses du  grand bois.

Rose Verte, appartenant à M. Aumont, a  enlevé le Prix de Diane avec beaucoup d'aisance.


Le fait vraiment remarquable, c'est l'admirable organisation du service de la Compagnie du Nord. C'est de plus en plus merveilleux. Le nombre des voyageurs a beau augmenter dans des proportions considérables (40 trains et 23.500 voyageurs), le public ne s'en aperçoit pas. Il est plus facile d'aller à Chantilly que de sortir de la gare Saint-Lazare !

Le  Courrier de l'Oise, Journal de Senlis,  n° 45, du 8 juin 1911.



 Source gallica.bnf.fr/Bibliothèque Nationale de France
 Source gallica.bnf.fr/Bibliothèque Nationale de France

Le Castel des Fontaines.



Dans la rue du Viaduc, une charmante propriété a conservé le nom de Parc des Fontaines.
Il ne s'agit en fait que d'une partie du parc. Celui-ci s'étendait sur Gouvieux jusqu'aux écluses de la Chaussée. Acheté par l'Administration du Chemin de Fer pour l'établissement de la ligne de Paris à Creil, le parc a été morcelé et revendu par lots, laissant place à de superbes propriétés, à des écuries de courses, ou encore à la Cité et la Blanchisserie Faligon sur Gouvieux.

Le Parc des Fontaines, sur lequel se trouve le Castel des Fontaines, appartient à Madame Coindet. En 1890, la veuve du docteur Coindet a engagé des travaux afin de faire chercher et capter une source se trouvant sur sa propriété. Propriété qu'elle loue, avec promesse de vente à M.Cornut.

M. Gustave Cornut, directeur de "La Saison Mondaine, l'organe universel des stations thermales et balnéaires", commence par solliciter de M. le Préfet l'autorisation de commercialiser comme eau de table, sous la marque "La Cristalline", l'eau qui jaillit dans la propriété.  Dans le même temps, il installe sur la source un petit kiosque que lui a donné M. le duc d'Aumale, il  fait bâtir une salle de café, il prépare une salle de théâtre. M. Cornut a de grands projets, il pense thermes, casino...

Mais le 28 décembre 1892, le Comité Consultatif d'Hygiène fait parvenir son rapport :
Il rappelle que l'épidémie de fièvre typhoïde a donné 260 cas et 19 décès entre le mois d'octobre 1891 et le mois d'août 1892. On sait maintenant que l'épidémie a réellement été produite par l'eau. Et même si le Conseil reste convaincu que la source du Parc des Fontaines n'est pas contaminée, il pense que la nappe qui alimente les sources n'est pas suffisamment protégée, et il émet donc un avis défavorable mettant fin à tous les  projets de M. Cornut.


"Chantilly : 1870-1891" : C. Noël ;
"L'Hygiène et la mortalité pendant l'année 1892 dans l'arrondissement de Senlis, rapport adressé au Conseil d'Hygiène par le Docteur Pauthier, 1893" ;
AD Oise : Série  5M

Cambriolage au Château des Fontaines.




Malgré son entrée toute proche de Chantilly, juste derrière le pont du chemin de fer, le Château des Fontaines est situé sur le territoire de Gouvieux. 
C'est une vaste construction, entourée d'un parc très étendu et clos de murs assez élevés. Aux deux extrémités de ce parc sont situées les loges des deux concierges attachés au domaine. 

L'entrée du Château des Fontaines côté Chantilly.

Mais ce jeudi 1er novembre 1906, il n'existe plus de frontière entre Chantilly et Gouvieux, le Château des Fontaines a été cambriolé !
La baronne James de Rothschild et sa fille, la baronne Léonino, sont en ce moment au château avec  leurs nombreux domestiques. 
Dans la nuit de mercredi à jeudi, des malfaiteurs ont pénétré dans le parc, et après en avoir parcouru une partie dans l'obscurité, ils ont coupé un vitrage du perron à l'aide d'un diamant et ont ouvert la porte en passant le bras à l'intérieur.
Ils ont visité toutes les pièces du rez-de-chaussée, emportant des bibelots pris au hasard sur les divers meubles. Ils ont ensuite brisé une vitrine et en ont soustrait quelques objets de prix avant de quitter les lieux.
La visite des cambrioleurs n'a été connue qu'au matin lorsqu'on s'est rendu compte de l'effraction sur la porte. Personne n'a rien entendu dans la nuit. 
Aussitôt le vol connu, une enquête a été ouverte. On pense que les cambrioleurs étaient certainement au courant des habitudes de la maison, peut-être d'anciens employés ou domestiques, ou des malfaiteurs guidés par quelqu'un connaissant parfaitement le château.
Parmi les objets dérobés, citons : une médaille de bronze représentant le duc d'Aumale, un médaillon or avec diamants, un porte-plume écaille manche en or, trois cachets aux initiales T R, deux en or et un agate, un petit flacon en or, quatre coupes anciennes en or, et quantité d'autres objets précieux, le montant du vol s'élevant à plus de 6.500 francs.

D'après : Le Courrier de l'Oise, Journal de Senlis, n° 84, du 4 novembre 1906.

Le lavoir de la Canardière.




Le lavoir de la Canardière est installé sur une portion de terrain d'environ 5 ares située dans la prairie de la Canardière, près du canal qui longe la route nationale 16.

En 1897, la buanderie et le logement sont occupés par M. et Mme Tissier qui versent à la ville un loyer annuel de 500 francs. Mais en juillet 1907, M. Tissier, qui souffre de crises d'épilepsie, est retrouvé mort noyé dans le bras de la Nonette qui passe près de son habitation.

M. et Mme Charles Fritz reprendront alors le bail et exploiteront le lavoir pendant quelques temps.

Puis, au 1er janvier 1910, nouveau bail. M. et Mme Devillers louent à leur tour le lavoir, la buanderie et le logement de trois pièces y attenant. Pendant toute la durée de ce bail, ils sont tenus d'habiter eux-mêmes les lieux, de les meubler, de les entretenir en bon état et de toujours les affecter à l'usage de la buanderie. Ils sont en outre autorisés à installer une baraque en planches de 10 mètres de longueur sur 5 mètres de largeur dans la prairie servant d'étendage.

Vers 1941, M. et Mme Devillers céderont le bail consenti par la ville à M. et Mme Barin, avant une nouvelle convention qui sera établie en 1943 avec M.  Poulard. 

Ce sera le dernier exploitant de ce lavoir, le bail sera résilié en date du 31 mars 1948: le lavoir va être supprimé.

Le conseil municipal entrevoit ainsi la possibilité d'organiser à l'entrée de la ville tous les travaux d'embellissement qui s'imposent...

  L'attaque de la Société Générale. La succursale de la Société Générale est située au cœur de Chantilly, à l'angle de la place de l...